Le champion Barista Miki Suzuki prépare une presse française. Photo de Hengtee Lim.

Pensez à la presse française

La presse française est l’une des cafetières les plus connues et reconnaissables jamais fabriquées. C'est un brasseur avec un attrait croisé ; vous êtes tout aussi susceptible d'en trouver un chez votre grand-mère que dans le coin café dédié de votre ami inconditionnel du café d'origine unique (bien que quelque part près de l'arrière). Alors que mon premier enfant allait bientôt naître, le champion USBC Charles Babinski m'a donné le conseil que lui avait donné le champion WBC Stephen Morrissey à propos de ceux qui essayaient les premiers mois de la parentalité : « Procurez-vous une presse française ».

Au fil des années, la presse française a été repensée (et repensée, repensée et redessinée…), chacune vantant une nouvelle version révolutionnaire du brasseur éprouvé, avec des résultats variés. Et pour cause : le design de la presse française originale est fondamentalement parfait. Cela ne veut pas dire que le café qu'il produit est nécessairement idéal pour tous les goûts (le mien inclus), mais sa facilité et sa fonctionnalité ne sont pas sans génie. Quand j’ai appris pour la première fois à plonger le marc de café, mais à arrêter l’extraction, mon petit esprit de bébé en matière de café a été absolument époustouflé.

presse française gribouillée

Pourquoi est-ce qu’on l’appelle une presse « française » ? 

Mais même après toutes ces années, il y a un fait à propos de ce brasseur intemporel qui m'a fait allusion : pourquoi on l'appelle une presse « française » ? Bien que la popularité du café de spécialité ait explosé en France au cours de la dernière décennie, le pays n'est pas historiquement associé à la consommation de café comme le sont, par exemple, l'Italie ou les pays scandinaves. Alors pourquoi est-ce une presse française ? Pour le savoir, nous avons plongé dans l’histoire quelque peu controversée du brasseur pour savoir où tout a commencé.

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Comme les incontournables du café toast à l'avocat et de blancs plats, les origines de la presse française – ou de la « cafétière à piston » beaucoup plus cool comme on l'appelle en France – sont très controversées, la France et l'Italie se revendiquant comme les initiateurs. Si l'histoire d'origine absolument merveilleuse a une part de vérité, les délégués des deux pays ont contribué à la création de la presse française.

Comme l'histoire va, un vieux Français provençal se promenait chaque jour, emportant avec lui de la nourriture, du bois de chauffage et une cafetière pour faire du café. Chaque jour, le vieil homme se reposait à mi-chemin de sa promenade et se préparait un café en faisant bouillir du marc sur un feu ouvert. Un jour, l'homme a oublié d'ajouter le marc avant de faire bouillir l'eau. Réalisant son erreur, il retire la marmite du feu ouvert pour ajouter le marc, qui flottait ensuite à la surface de l'eau au lieu de couler au fond comme c'était normalement le cas lorsqu'il était bouilli. Par chance, il y avait à ce moment-là un commerçant italien qui avait par hasard en sa possession des écrans métalliques à vendre. Le vieil homme en a rapidement acheté un et a utilisé un bâton pour pousser le tamis – et le marc de café flottant – jusqu’au fond de la cafetière.

Lorsque le vieil homme but une gorgée de bière, un sourire géant apparut sur son visage, au grand étonnement du marchand italien. Après en avoir fait goûter au commerçant, les deux hommes s’accordèrent sur le fait que c’était le meilleur café qu’ils aient jamais goûté. L'histoire raconte que les deux hommes, un Français et un Italien, se sont lancés dans les affaires ensemble et ont fait une petite fortune en vendant leur cafetière à piston.

brevet de presse française
Le brevet de presse français de 1852 de Mayer & Delforge. Via Wikipedia Commons.

La presse française est-elle vraiment française ?

Aussi délicieuse que soit cette histoire de coopération multinationale, ce que nous savons du reste de l’histoire de la presse française ne le confirme pas vraiment. Le premier record connu du brasseur de café provient d'un brevet pour une sorte de presse proto-française déposé par deux Français, Henri-Otto Mayer et Jacques-Victor Delforge, dès 1852. Le modèle Mayer et Delforge n'était pas en mesure de produire une étanchéité adéquate à l'intérieur du navire, ce qui permettait aux fonds d'échapper au plongeon et d'apporter des améliorations.

La première apparition de la presse française telle qu'on la voit plus communément aujourd'hui se fait via un autre brevet, celui-ci aux Etats-Unis par des Italiens. Attilio Calimani et Giulio Moneta en 1929. Depuis lors, la presse française a été brevetée à maintes reprises, y compris en 1958, lorsque l'inventeur suisse Faliero Bondanini a breveté sa propre version, que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Chambord. Avance rapide vers le 21e siècle et la marque d'articles ménagers néerlando-suisse Bodum est devenu pratiquement synonyme de la presse française, de la même manière que les sudistes appellent tous les sodas un « Coca ».

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Un service de presse française chez Aunty Peg's à Melbourne. Photo de Phylisa Sagesse.

Aujourd’hui, presque toutes les entreprises d’articles pour la maison possèdent une version d’une presse française. Ils sont omniprésents et, à l’exception de quelques modifications mineures ici et là, ils sont généralement tous identiques et pas trop éloignés de la conception originale, vieille de près de 200 ans. Ce qui nous ramène à la question initiale, pourquoi est-ce qu’on l’appelle une presse « française » ? La réponse, avec tous ses rebondissements et ses points de contact internationaux, est simple : pourquoi, parce que c'est français, bien sûr.

Zac Cadwalader est rédacteur en chef de Sprudge Media Network et rédacteur basé à Dallas. Lire la suite de Zac Cadwalader sur Sprudge.

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